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Accessibilite web : la nouvelle obligation que les TPE ne peuvent plus ignorer

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Julien Wanecque

BecauseTimeCounts

En bref

  • -Depuis le 28 juin 2025, l'European Accessibility Act etend l'accessibilite numerique au prive : e-commerce, banque, transport, telephonie sont vises, plus seulement le secteur public.
  • -Les micro-entreprises de services sont exemptees, mais uniquement sous les deux seuils a la fois : moins de 10 salaries ET 2 millions d'euros de CA ou bilan. Un seul seuil franchi, et l'obligation s'applique.
  • -Les sanctions vont de 7 500 euros (e-commerce, DGCCRF) a 50 000 euros renouvelables (services en ligne), et les quick wins (contraste, alt, labels) profitent aussi au SEO.

Une loi entree en vigueur sans bruit

Le 28 juin 2025 est passé inaperçu chez les commerçants que j'accompagne sur la presqu'île. Pas de courrier, pas de relance, rien dans la presse locale. Et pourtant, ce jour-là, une obligation qui ne visait jusqu'ici que les administrations et les grands groupes a glissé vers une partie du privé. Elle s'appelle l'European Accessibility Act (la directive UE 2019/882), et elle impose que certains sites et services numériques soient utilisables par les personnes en situation de handicap.

La réponse courte

Depuis le 28 juin 2025, l'European Accessibility Act impose l'accessibilité numérique aux services grand public du privé : e-commerce, banque, transport, téléphonie. Les micro-entreprises de services restent exemptées si elles cumulent moins de 10 salariés et moins de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires ou de bilan. La cible technique actuelle est WCAG 2.1 AA, déclinée en France par le RGAA 4.1 et ses 106 critères.

Quand j'en parle à un dirigeant, la réaction est presque toujours la même : « l'accessibilité, c'était pour les sites de l'État, non ? ». C'était vrai jusqu'en 2025. Ça ne l'est plus. Mais avant de paniquer, posons les choses calmement : la réalité est plus nuancée que les articles alarmistes que vous avez peut-être croisés.

Personne malvoyante utilisant un site e-commerce sur ordinateur portable avec un lecteur d'ecran, illustrant l'accessibilite web et la conformite RGAA pour les TPE

Ce que dit vraiment le texte (et qui le transpose en France)

L'European Accessibility Act est une directive européenne. En France, elle a été transposée par un empilement de textes qu'il est inutile de connaître par cœur, mais utile de pouvoir citer si quelqu'un vous raconte n'importe quoi : l'article 16 de la loi 2023-171 du 9 mars 2023 (dite DDADUE), complété par l'ordonnance 2023-859 du 6 septembre 2023 et le décret 2023-931 du 9 octobre 2023.

L'obligation ne touche pas tous les sites du monde. Elle cible des services destinés au grand public dans des secteurs précis : le e-commerce (toute vente de produits ou services en ligne), la banque de détail et le paiement, le transport de voyageurs (billets, information voyageur), la téléphonie et les communications électroniques, les médias audiovisuels, les livres numériques et les terminaux en libre-service (bornes, distributeurs).

Si vous tenez un site purement vitrine, sans vente en ligne, sans réservation, sans paiement, vous êtes très probablement hors champ pour l'instant. Si vous vendez en ligne, ne serait-ce qu'un menu de plats à emporter avec paiement, ou des nuitées sur votre propre site, la question se pose sérieusement.

Le piège des dates

Deux dates comptent. L'obligation s'applique depuis le 28 juin 2025. Pour les services qui existaient déjà avant cette date, le législateur a prévu une période transitoire jusqu'au 28 juin 2030. Attention au contresens que je vois partout : cette tolérance ne concerne que l'existant. Tout nouveau service mis en ligne après le 28 juin 2025 doit être conforme immédiatement.

Autrement dit, si vous lancez aujourd'hui une boutique en ligne pour votre commerce de Saint-Nazaire, vous n'avez pas cinq ans devant vous. Vous êtes censé être conforme dès la mise en ligne.

L'exemption micro-entreprise : la vraie bonne nouvelle, mais lisez-la bien

Voilà l'information qui va soulager beaucoup de monde, et que les contenus anxiogènes oublient régulièrement : les micro-entreprises de services sont exemptées.

Mais la mécanique est précise, et c'est exactement là que les approximations font des dégâts. L'exemption joue uniquement quand vous êtes sous les deux seuils en même temps : moins de 10 salariés, ET un chiffre d'affaires ou un bilan annuel inférieur ou égal à 2 millions d'euros.

Le mot important est « et ». Avec 6 salariés mais 2,4 millions de chiffre d'affaires, vous franchissez l'un des deux seuils : l'exemption tombe, l'obligation s'applique. Inversement, 12 salariés à 800 000 euros de CA vous en fait sortir aussi. Il faut rester sous les deux à la fois. C'est d'ailleurs la lecture retenue par la synthèse réglementaire de Temesis, un des cabinets français de référence sur le sujet.

Beaucoup d'articles laissent croire qu'un seul critère suffit. C'est faux, et dangereux dans les deux sens : ça rassure à tort des entreprises concernées et inquiète inutilement des structures réellement exemptées. Notez aussi que cette exemption vise les services : elle ne s'étend pas de la même façon aux produits matériels couverts par le texte.

Pour une grande partie des artisans, restaurateurs et commerçants indépendants de Guérande, La Baule ou Vannes, l'exemption tient. Si vous êtes seul ou à deux ou trois et que votre site se contente de présenter votre activité, respirez : ce n'est pas pour vous, pas tout de suite. Le sujet devient brûlant quand on grandit, qu'on dépasse 10 salariés, ou que le chiffre d'affaires en ligne décolle.

RGAA, WCAG, EN 301 549 : démêler le jargon

Si vous êtes concerné, vous allez tomber sur une soupe d'acronymes. Clarifions, parce que les confondre mène à des erreurs.

Le RGAA (Référentiel Général d'Amélioration de l'Accessibilité) est la déclinaison française opposable, le texte de référence côté administration. Sa version en vigueur est la 4.1.2 (mise à jour d'avril 2023). Il compte 106 critères de contrôle répartis en 13 thématiques, et s'aligne sur le standard international WCAG 2.1 niveau AA. Au niveau européen, la norme harmonisée s'appelle EN 301 549 (version 3.2.1 de mars 2021).

Une confusion fréquente : RGAA n'est pas WCAG. Le RGAA est la version française, méthodologique et opposable, qui s'appuie sur WCAG. Et WCAG 2.2 n'est pas encore obligatoire : elle n'est que recommandée. La DINUM annonce elle-même qu'un RGAA 5 est en cours de rédaction, avec une publication prévue fin 2026, pour intégrer WCAG 2.2 AA (six nouveaux critères, sans rupture avec la 2.1). Si quelqu'un vous vend aujourd'hui une conformité « WCAG 2.2 obligatoire », c'est de l'anticipation commerciale, pas une obligation actuelle.

La cible concrète, aujourd'hui, c'est WCAG 2.1 AA, traduite en France par le RGAA 4.1. Tout le reste est du bruit.

Combien ça coûte de ne rien faire

Parlons sanctions, parce que c'est ce qui motive les décisions, et parce qu'il y a là un piège où tombent même des articles sérieux : il existe deux régimes distincts, et citer le mauvais montant décrédibilise tout le reste.

Pour le e-commerce, c'est la DGCCRF qui contrôle. Les sanctions relèvent des contraventions de 5e classe : jusqu'à 7 500 euros par manquement (cumulables selon le nombre d'infractions constatées), et 15 000 euros en cas de récidive. Et ce n'est plus théorique : la DGCCRF a publié à l'été 2026 un premier bilan de son action, un an après l'entrée en vigueur de la directive — les contrôles ont commencé.

Pour les services de communication en ligne soumis au RGAA, le régime est différent et plus lourd : jusqu'à 50 000 euros, renouvelables tous les 6 mois tant que rien n'est corrigé, plus 25 000 euros en cas d'absence de déclaration d'accessibilité et de schéma pluriannuel.

Ces obligations déclaratives sont un sujet à part entière. Au-delà du code, le texte impose de publier une déclaration d'accessibilité, de tenir un schéma pluriannuel de mise en conformité, et d'afficher une mention de conformité en page d'accueil. On peut avoir un site techniquement correct et être en faute, faute d'avoir produit ces documents.

Pour ne pas mélanger les deux mondes, ce repère :

RégimeAutoritéSanction maximale
E-commerce (code de la consommation)DGCCRF7 500 € par manquement, 15 000 € en récidive
Services de communication en ligne (RGAA)Arcom et autres autorités sectorielles50 000 € renouvelables tous les 6 mois
Obligations déclaratives (déclaration, schéma)idem25 000 €

À quoi peuvent s'ajouter, dans certains cas, des astreintes journalières. Un site non conforme qui traîne des pieds peut donc coûter bien plus cher qu'une mise en conformité — surtout comparé au prix réel d'un site bien fait, que je détaille dans combien coûte un site web en 2026.

L'état réel du web : presque tout le monde est hors-clous

Avant de culpabiliser, sachez que vous êtes en très large compagnie. Le rapport WebAIM Million 2025, qui analyse chaque année le million de pages d'accueil les plus visitées, est sans appel : 94,8 % restent non conformes, avec une moyenne de 51 erreurs par page (en légère amélioration tout de même, contre 56,8 l'année précédente).

Le plus intéressant, c'est la nature des erreurs. Presque toujours les mêmes, et basiques : contraste insuffisant des couleurs sur 79,1 % des pages, textes alternatifs manquants sur les images dans 55,5 % des cas, labels de formulaire absents pour 48,2 %, liens vides sans texte exploitable pour 45,4 %, boutons vides pour 29,6 %, et langue de la page non déclarée pour 15,8 %. WebAIM précise que 96 % de toutes les erreurs détectées tiennent dans ces six catégories.

Ce ne sont pas des problèmes ésotériques. Un contraste trop faible, une image sans description, un champ de formulaire sans étiquette : ce sont des oublis de finition. La bonne nouvelle, c'est qu'on les corrige sans tout reconstruire. La mauvaise, c'est qu'ils sont partout, y compris sur des sites qui ont coûté cher.

Pourquoi un audit automatique ne suffit pas

Un mot d'honnêteté, parce que je vois passer des promesses douteuses. Les outils automatiques — WAVE, axe DevTools, Lighthouse dans PageSpeed Insights — sont excellents et gratuits pour débroussailler, mais ils ne détectent qu'environ 20 à 30 % des problèmes réels. L'ordre de tabulation au clavier, la pertinence d'un texte alternatif, la cohérence de la navigation : tout cela exige un test humain, idéalement avec un lecteur d'écran comme NVDA ou VoiceOver.

Soyons clairs sur un point : les widgets d'accessibilité, ces surcouches « tout-en-un » qu'on greffe sur un site existant, ne valent pas conformité et sont largement décriés par les experts. Ils donnent l'illusion d'avoir réglé le sujet sans toucher au code, alors que l'accessibilité se joue précisément dans le code. Méfiez-vous de toute solution magique vendue en une ligne de script.

Au-delà de la loi : à qui ça sert vraiment

On peut aborder l'accessibilité par la contrainte légale. On peut aussi l'aborder par le bon sens commercial, l'angle que je préfère défendre auprès de mes clients.

En France, on compte environ 12 millions de personnes concernées par un handicap, et 14,5 millions de personnes de 15 ans ou plus (28 % de cette population) déclarent au moins une limitation fonctionnelle sévère, selon les chiffres clés publiés par les services de l'État. Côté vision, la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France estime que près de 2 millions de personnes vivent avec un trouble de la vision, dont 207 000 aveugles ou malvoyants profonds. Mais l'accessibilité ne profite pas qu'aux situations de handicap déclarées. Elle profite à tout le monde : à la personne qui consulte votre site en plein soleil sur la digue de La Baule, à celle qui a oublié ses lunettes, et surtout à une clientèle locale qui vieillit. Presbytie, baisse de contraste liée à l'âge, moindre dextérité : un site lisible et bien structuré sert directement vos clients de 65 ans et plus, nombreux ici et qui consomment.

Il y a aussi un lien réel avec le référencement, que je me garderai de survendre. Une bonne structure sémantique, des textes alternatifs sur les images, une langue déclarée, des liens explicites : tout cela aide aussi les moteurs de recherche et les moteurs IA à comprendre votre site. Mais ne vous y trompez pas — l'accessibilité est une obligation légale et un geste pour vos utilisateurs, pas un hack SEO. Le bénéfice référencement est un effet de bord agréable, rien de plus. Si vous voulez creuser ce point, j'en parle dans mon article sur le SEO local et le top 3 sur Google Maps.

Concrètement, en Loire-Atlantique, par où commencer

Replaçons tout ça dans le réel du territoire. Une bonne partie des TPE locales n'a pas encore de site du tout, ou seulement une vitrine sans vente en ligne — j'en parle plus largement dans mon état des lieux du numérique des TPE de Loire-Atlantique. Celles qui vendent en ligne, ou qui s'apprêtent à lancer une vraie boutique, ont tout intérêt à intégrer l'accessibilité dès la conception plutôt que de la rattraper dans la douleur.

Si vous vendez en ligne et dépassez les seuils, voici l'ordre dans lequel j'attaquerais :

  1. Vérifier votre statut. Sous les deux seuils (10 salariés / 2 millions) ? Si oui, exempté pour l'instant. Si non, concerné.
  2. Faire un premier passage automatique avec WAVE ou axe DevTools sur vos pages clés (accueil, fiche produit, panier, paiement) : vous obtenez déjà la liste des contrastes, alt et labels à corriger.
  3. Corriger les quick wins. Contraste, textes alternatifs, labels de formulaire, langue de la page : ces erreurs fréquentes représentent l'essentiel du retard et se règlent vite.
  4. Faire valider par un humain la navigation clavier et un parcours d'achat complet au lecteur d'écran.
  5. Produire la déclaration d'accessibilité et le schéma pluriannuel, et afficher la mention en page d'accueil.

Vous n'êtes pas seul pour ça. La ressource officielle de référence est accessibilite.numerique.gouv.fr, gérée par la DINUM : tout le RGAA y est documenté gratuitement. Côté accompagnement local, la CCI Nantes Saint-Nazaire et les aides régionales à la digitalisation des Pays de la Loire sont de bons points d'entrée avant d'engager des frais. C'est exactement le genre de chantier où je positionne mon agence en interlocuteur de proximité : auditer un site au regard du RGAA et de l'EN 301 549, rédiger la déclaration, corriger les points concrets. Le détail est sur ma page services, et les prix — sites dès 500 euros, prototype sous 48 heures, livraison en 1 à 3 semaines — sont affichés sans détour sur la page tarifs. Notez au passage que ces corrections d'accessibilité recoupent largement celles qui améliorent la vitesse et l'expérience utilisateur : structure propre, images correctement décrites, formulaires bien construits — le même socle que pour les Core Web Vitals, et le même esprit que la mise en conformité RGPD, cookies et mentions légales : du sérieux réglementaire traité une bonne fois, proprement.

Le vrai sujet n'est pas la peur, c'est l'anticipation

Je termine par où j'aurais aimé que tout commence : l'accessibilité n'est pas une corvée réglementaire de plus à ajouter à une pile déjà décourageante. C'est, pour l'essentiel, du travail bien fait. Un site accessible est mieux codé, plus rapide, plus clair, plus durable. Les corrections que la loi vous demande sont celles qu'un bon développeur aurait dû faire de toute façon.

Le piège, ce n'est pas l'amende — elle frappera d'abord les acteurs qui pouvaient s'en occuper et ne l'ont pas fait. Le vrai piège, c'est de découvrir le sujet trop tard, au moment où vous franchissez les seuils ou lancez votre boutique, et de devoir tout reprendre dans l'urgence. Construire accessible dès le départ ne coûte presque rien de plus ; rattraper un site entier après coup, beaucoup — c'est d'ailleurs un des cas où une refonte de site web bien menée règle le sujet une fois pour toutes, et si vous hésitez encore, les signaux qui montrent qu'une refonte s'impose sont assez faciles à reconnaître. La différence se joue maintenant, pendant que vous avez encore le choix du calendrier. Ma façon de travailler est détaillée sur la page concept, et des exemples concrets sur mes réalisations. Si vous voulez savoir où vous en êtes, écrivez-moi : je vous réponds sous 24 heures.

Sources et références

Questions fréquentes

Ma TPE est-elle concernée par l'European Accessibility Act ?
L'obligation s'applique depuis le 28 juin 2025 aux services grand public : e-commerce, banque, transport, téléphonie notamment. Les micro-entreprises de services sont exemptées, mais seulement sous les deux seuils à la fois : moins de 10 salariés ET 2 millions d'euros de chiffre d'affaires ou de bilan. Un site purement vitrine, sans vente ni paiement en ligne, reste très probablement hors champ.
Quelles sanctions en cas de site non accessible ?
Deux régimes coexistent. Pour le e-commerce, la DGCCRF peut sanctionner jusqu'à 7 500 euros par manquement et 15 000 euros en récidive. Pour les services en ligne soumis au RGAA, l'amende monte à 50 000 euros, renouvelables tous les 6 mois, plus 25 000 euros en l'absence de déclaration d'accessibilité et de schéma pluriannuel. Les services existants avant juin 2025 bénéficient d'une transition jusqu'en 2030.
Combien coûte un site accessible dès la conception ?
Construire accessible dès le départ ne coûte presque rien de plus : contraste, textes alternatifs, labels de formulaire et langue déclarée sont des gestes de conception, pas des options payantes. Chez BecauseTimeCounts, ces bases sont intégrées aux sites dès 500 euros, avec un prototype sous 48 heures, le code source livré et une réponse à toute demande sous 24 heures.

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Prototypes en 48h, tarifs dès 500€, code source livré. On vous répond sous 24h.